par Alizée Boschin 

Ancienne journaliste météo et climat à BFM TV, Sandra Larue a choisi de suivre une autre voie après des années sous pression. Aujourd’hui professeure de yoga et praticienne en soins bien-être, elle partage une approche globale à la croisée du corps et de l’esprit.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours avant de devenir professeure de yoga ?

Avant d’enseigner le yoga, j’étais journaliste en télévision, spécialisée en météo et climat. C’était un environnement exigeant, avec un rythme soutenu et une forte pression, notamment liée à l’image et à la performance. Il fallait être irréprochable, à la fois sur le fond et sur la forme.

Comme dans beaucoup de métiers, on avance parfois « la tête dans le guidon », sans forcément s’écouter. Cela m’a longtemps convenu, mais au fil des années, je ne me sentais plus alignée. Une forme d’oppression s’est installée, avec des exigences devenues trop pesantes.

Qu’est-ce que cette période vous a appris sur vous-même ?

Elle m’a appris la rigueur, l’engagement et le sens des responsabilités. Mais aussi mes limites. Pendant longtemps, j’ai fonctionné en mettant de côté l’écoute de mon corps.

J’ai compris que le corps et l’esprit sont indissociables. Le corps encaisse et s’adapte jusqu’au moment où il demande de l’attention. Dans mon cas, cela s’est traduit par du stress intense et des troubles physiques, notamment digestifs. J’ai eu le sentiment d’aller au bout de mes ressources.

Cette prise de conscience a été déterminante, j’avais besoin de respecter mon rythme et ma nature et d’évoluer dans un milieu où je prendrais soin de moi tout en m’occupant des autres.

Le yoga faisait-il déjà partie de votre vie à ce moment-là ?

Oui, je pratiquais déjà. Au départ, c’était simplement un espace pour moi, un moment pour ralentir et me recentrer, sans objectif précis si ce n’est me faire du bien.

Il n’y a pas eu de déclic brutal. Mais, au fil du temps, la pratique s’est imposée comme une évidence. Le yoga m’a reconnectée à quelque chose de fondamental : le souffle, la présence, l’instant.

 

Sandra Larue est une ancienne journaliste météo qui est aujourd'hui professeure de yoga.

Il m’apporte un ancrage, une stabilité et un apaisement. Et au-delà du mental, il renforce aussi le corps, ce qui est essentiel pour moi.

Comment avez-vous vécu votre reconversion ?

Elle n’a pas été évidente. J’ai beaucoup douté. Quitter un statut salarié sécurisant est vertigineux.

Une opportunité de départ s’est présentée chez BFM TV, ce qui m’a laissé le temps de réfléchir. Je sortais d’un arrêt maladie, j’étais en mi-temps thérapeutique, le terrain était déjà fragile.

Ce qui m’a aidée, c’est que j’enseignais déjà un petit peu le yoga en parallèle. Finalement, cette opportunité de départ et de reconversion s’est imposée comme une libération. Aujourd’hui, je n’ai aucun regret.

Que vous apporte le yoga au quotidien ?

Le yoga m’apporte de l’ancrage, de la clarté, une stabilité intérieure et surtout un épanouissement personnel.

Physiquement, j’ai appris à écouter un peu plus mon corps. Mentalement, il m’aide à ralentir le flux des pensées et à revenir à l’essentiel. A respirer et à prendre du recul face aux difficultés, à relativiser.

C’est un véritable espace de régulation dans un monde qui va très vite.

Votre rapport au corps a-t-il changé ?

Complètement. J’essaie aujourd’hui de respecter mon énergie en proposant des pratiques plus dynamiques quand je me sens en forme et plus douces quand j’ai besoin de ralentir.

J’ai aussi dû faire face au syndrome de l’imposteur au début. Ce n’est pas simple de se sentir légitime quand on change de voie.

Quelle formation avez-vous suivie ?

Je me suis formée en 2018 auprès de différents enseignants, notamment avec Mathieu Boldron pour un premier cursus de 200 heures. Puis, un deuxième cursus 200h auprès de Frédérique Deblandre.

Ensuite, j’ai poursuivi avec des formations complémentaires : plusieurs 50 heures en yin yoga, yoga aérien ou encore en postures avancées.

Ces formations sont autant des apprentissages techniques que de véritables chemins intérieurs, elles transforment profondément.

Quelle est votre vision du yoga aujourd’hui ?

C’est une vision profondément humaine. Le yoga n’est pas une performance ni une succession de postures esthétiques. C’est un espace de rencontre avec soi.

C’est un outil d’écoute, de régulation et accessible à tous. Mon rôle est de créer un espace sécurisant où chacun peut venir tel qu’il est, sans pression ni comparaison et quel que soit son niveau. Apprendre à ralentir, à ressentir, à accepter ses limites et à faire confiance à l’intelligence du corps.

Votre enseignement est donc axé sur la bienveillance ?

Totalement. L’idée est de ramener de la mobilité, de ressentir, de créer de l’espace dans le corps et l’esprit afin de se reconnecter à soi en douceur.

Pendant une séance, j’invite chacun à laisser de côté les tensions extérieures pour se concentrer sur ses sensations, sa respiration, son intériorité.

Vos cours s’adressent-ils à tous les profils ?

Oui. Débutants, confirmés, sportifs, tout le monde a sa place. Dans un même cours, les niveaux peuvent être très différents, mais chacun avance à son rythme et j’adapte les postures.

L’important est d’éviter la frustration et de cultiver la patience.

Quelle place le yoga occupe-t-il dans une routine sport et bien-être ?

Il est complémentaire aux autres pratiques. Le sport est souvent axé sur la performance, tandis que le yoga agit sur la récupération et la prévention.

Il agit sur le système nerveux grâce à la respiration. C’est une pratique précieuse pour gérer le stress et la fatigue. Cette pratique apporte un réel équilibre.

Vous proposez également des soins. Pourquoi cette approche globale ?

Pour moi, tout est lié. Je me suis formée à la réflexologie plantaire, parce qu’en yoga, l’ancrage par les pieds, la connexion à la terre est très importante. Puis au Kobido et au drainage lymphatique pour avoir cette unité du corps et de l’esprit. Cette autorégulation du corps qu’apportent toutes ces pratiques lui permet de fonctionner de façon autonome et de maintenir une bonne santé physique et mentale a chacun.

Tous ces soins se complètent et créent un cercle vertueux. Tous ces soins se correspondent pour traiter le corps dans sa globalité.

Sandra Larue est une ancienne journaliste météo qui est aujourd'hui professeure de yoga.

Quels sont vos projets ?

Je souhaite développer cette approche globale mêlant yoga et soins. J’ai des projets de retraites bien-être, et peut-être, à terme, l’ouverture d’un lieu dédié.

Je suis encore dans une phase de transition, mais l’envie est là. Beaucoup d’envies et beaucoup de réflexion, pour évoluer.

En une phrase, comment définiriez-vous le yoga ?

Le yoga est un chemin de retour à soi, accessible à tous et profondément transformateur. C’est un apprentissage infini, qui accompagne autant le corps que l’esprit dans toutes les étapes de la vie à la recherche de l’équilibre.