La Thalasso de La Grande Terrasse : mutation d’un modèle et conquête d’une nouvelle rentabilité 4 juin 2026 Thalasso Spa par Alizée Boschin Longtemps associée aux cures longues et à une clientèle senior, la thalassothérapie opère aujourd’hui une transformation profonde. Fabien Lemaire, directeur de la Thalasso, qui est attenante à l’hôtel, pilote cette mutation avec une approche résolument business : diversification des clientèles, montée en expérience et repositionnement stratégique. Résultat : un modèle hybride tourné vers le local, où la thalasso devient un levier d’attractivité et de chiffre d’affaires à part entière. Directeur de la thalasso depuis six ans, Fabien Lemaire a accompagné l’évolution du site depuis son ouverture. Le constat est clair : le modèle traditionnel de la cure de six jours appartient au passé. Aujourd’hui, on est sur des séjours de deux à deux jours et demi en moyenne. La cure longue a reculé, il a fallu se réinventer. Face à cette évolution du marché, l’établissement a opéré un virage stratégique en développant une offre courte durée et en s’ouvrant à une clientèle locale. Un modèle économique porté par la clientèle externe La singularité du site repose sur un déséquilibre assumé : 81 % de la clientèle de la thalasso est externe, contre seulement 19 % de clients hébergés. Une zone de chalandise élargie, de Nantes à Bordeaux en passant par Poitiers, alimente ce flux, avec une forte proportion de visites à la demi-journée. Autre levier structurant : les cartes cadeaux, qui représentent un client sur trois. « Le client carte cadeau ne dépense pas forcément plus, mais il devient souvent prescripteur à son tour » souligne Fabien Lemaire. Le parcours marin, cœur de la rentabilité Véritable colonne vertébrale de l’offre, le parcours marin constitue le principal moteur économique de la thalasso. Avec plus de 400 m² de bassins et une offre complète (jets, couloir de nage, Jacuzzi, hammams, sauna, fontaine à glace, douche scandinave), il attire une clientèle large et régulière. « C’est d’abord pour la piscine que les clients viennent. Les soins viennent ensuite se greffer. » Cette infrastructure permet également de soutenir l’activité hôtelière, notamment via des offres packagées intégrant l’accès au parcours marin. Un puissant levier d’attractivité pour l’hôtellerie La thalasso joue un rôle déterminant dans la commercialisation des chambres. « Les clients voient “thalasso”, ils réservent. Sans elle, les taux de remplissage ne seraient pas les mêmes ». L’exemple est frappant : sur un hôtel positionné autour de 200 € la nuit, l’inclusion du parcours marin (valorisé environ 40 € la demi-journée) renforce significativement la perception de valeur. Rajeunir la clientèle : un enjeu stratégique Depuis la rénovation complète du site en 2018, un important travail de repositionnement a permis de moderniser l’image de la thalasso. « L’objectif était de casser les codes d’un univers jugé trop médicalisé grâce à des actions marketing, dès l’ouverture afin de diffuser une nouvelle image, de nouveautés et modernité. » Résultats : une clientèle plus jeune, une augmentation de la fréquentation masculine (35 à 36 % aujourd’hui, contre moins de 30 % à l’ouverture), une perception plus “expérientielle” du lieu. La thalasso, ce n’est pas que pour les seniors. Il fallait le faire comprendre. Différenciation : entre naturalité et cohérence de marque L’eau de mer, puisée à 1,5 km au large, constitue un actif différenciant encore sous-exploité, dont les bienfaits restent à mieux valoriser selon le directeur. Dans cette logique, le choix de la marque Phytomer s’est imposée naturellement : marque française, qualité de produits et d’image, univers marin, ce qui renforce l’authenticité et la cohérence de l’offre. « C’était naturel de travailler avec une marque dont l’ADN est basé sur les actifs marins. » L’innovation technologique comme relais de croissance Pour se démarquer, la thalasso mise également sur des technologies différenciantes comme icoone. Intégré il y a deux ans, cette technologie permet de proposer des soins minceur et drainants transformés en véritables expériences de détente, notamment grâce à l’intégration de la musicothérapie. À cela s’ajoutent des protocoles spécifiques comme le Watermass (buse d’eau de mer qui fait un effet de succion. Le jet projette directement sur la surface qui est légèrement inspirée et casse tous les capitons) renforçant ainsi l’approche experte et sensorielle. Une structure de coûts exigeante La rentabilité d’une thalasso repose sur un équilibre délicat. Les contraintes sont nombreuses : 45 % des charges liées à la masse salariale, coûts énergétiques élevés (chauffage de l’eau, installations techniques), infrastructures lourdes à maintenir. « Ce sont des charges incompressibles. Le levier, c’est le chiffre d’affaires. » Les leviers de performance : image, innovation et expérience Pour améliorer la rentabilité, plusieurs axes sont activés : Travailler l’image : « Moderniser la perception de la thalasso, la rendre désirable et accessible à toutes les générations ». Développer l’innovation : créer des expériences différenciantes, au-delà du soin traditionnel. Miser sur l’expérience globale : « Ce n’est plus juste un soin. On doit proposer une expérience à 360° ». Vers une “spa-isation” de la thalasso L’avenir du secteur se dessine à la croisée de la thalassothérapie et du spa. À La Grande Terrasse, cela se traduit par : des cabines au design inspiré des spas haut de gamme, une montée en puissance des massages et des soins visage, une approche plus sensorielle et moins médicalisée. « L’enjeu, c’est d’exploiter l’eau de mer pour la rendre plus “spa”. » Un marché sous tension, mais porteur Si la demande en bien-être reste forte, le contexte économique pèse sur le panier moyen. « Les clients se font un peu moins plaisir qu’avant. Même les cartes cadeaux sont moins élevées. » Malgré cela, la dynamique reste positive, portée par : l’essor des pratiques de prévention santé, la recherche de mieux-être, et l’évolution des modes de consommation vers des expériences courtes mais régulières. Une vision tournée vers l’avenir Fabien Lemaire l’affirme : « La thalasso a encore un fort potentiel de développement, à condition de continuer à innover. Il ne faut pas rester sur ses acquis. Il faut aller voir plus loin ». Des projets sont d’ailleurs en préparation, autour d’expériences immersives et sensorielles, avec une promesse : transformer le soin en véritable voyage. À La Grande Terrasse, le bien-être n’est plus un simple service, mais un pilier central du modèle économique. En coordonnant intelligemment hébergement, restauration, spa et thalasso, La Grande Terrasse MGallery Collection démontre la pertinence d’un modèle hybride, où chaque pôle nourrit la performance globale. Cette approche permet à la fois de diversifier les revenus, d’attirer une clientèle élargie et d’équilibrer la saisonnalité. Plus qu’un simple repositionnement, cette vision de l’hôtellerie, centrée sur l’expérience et la valeur perçue, s’affirme comme un exemple inspirant d’un secteur en pleine évolution.