Par Pascale BROUSSE, Trend Sourcing.

Lorsque l’Association Slow Food a vu le jour en 1986, ce n’était qu’un mouvement italien pouvant paraître anecdotique, autour du bien manger en accès local. Erreur ! Non seulement le concept s’est considérablement accru, mais il a été repris par quantité d’activités : Slow Travel, Slow Living, Slow Cosmétiques, Slow Design, Slow Work, etc.

UN NOUVEAU MODE DE VIE

Les fondements sociologiques sont faciles à trouver. Face à l’accélération, qui est la caractéristique de la société moderne (selon le sociologue et philosophe allemand Hartmut Rosa), ralentir est devenu une des priorités des individus. La pression endurée par nombre d’entre nous face aux impératifs de croissance, la rapidité du changement social, la fulgurance des progrès technologiques (le réseau 5G qui arrivera en 2020 en France sera 1000 fois plus puissant que la 3G !) contribuent à créer un stress aigu, mal du siècle et mot somme toute récent (il y a 20 ans et plus, nous parlions plutôt d’anxiété, d’angoisse, d’inquiétude, etc.). Celui-ci génère des pathologies diverses comme le très sérieux « burn-out » (un autre mot encore relativement inconnu 8 ans en arrière), et sera en 2020 la première cause d’incapacité au travail et la 2ème cause de mortalité – via ses corollaires (Source : OMS). Et d’autres plus mineures comme le FOMO (Fear Of Missing Out), la peur de manquer une information importante parmi la multitude d’informations quotidiennes reçues et/ou à portée de main.
En résumé, ralentir et se déconnecter devient un mode de survie dans un environnement générateur de stress. Freiner sur tous les plans (cf. « Éloge de la lenteur » de Carl Honoré), repenser ses priorités sont à la une des médias depuis plusieurs années. Chaque semaine, de nouveaux témoignages de citoyens ayant changé de vie sont partagés sur les réseaux d’informations.

LES PRATIQUES DU « SLOW DOWN »

Ambiance slow down

« Vivez chaque instant intensément pour profiter au mieux de la vie » (Source : Kay Pollak, réalisateur et auteur suédois). La Slow Life invite à la redécouverte du moment et investit jardins, décoration intérieure, pour un nouvel art de vivre où chacun devient créatif. En témoigne le courant du « Kinfolk », qui façonne des intérieurs style de vie à la croisée du vintage, du look scandinave et de l’ambiance bohème (il s’agissait au début d’une revue, publiée en 2011 par les Américains Nathan et Catherine Williams).

Ralentir est devenu un mode de survie dans l’environnement actuel

Routines slow down

Les nouvelles routines et bonheurs simples sont remis en avant et quantité de magazines ont essaimé sur le sujet (Respire, Happiness, Simple, etc.). Le Hygge-recette danoise sur ces principes- a soudainement eu une forte visibilité en 2016 (livres, magazines, mises en scène comme chez Nature et Découvertes, etc.).
Nature slow down
Après l’art du jardinage, celui des mini-jardins connaît l’engouement des urbains car ils sont vecteurs de relaxation, d’apaisement, ayant des propriétés thérapeutiques. Ces terrariums constituent des paysages miniatures ayant un impact sur notre état émotionnel et physique, augmentant la production d’endorphines car créant un environnement apaisant. Ces mini-jardins pourraient tout à fait trouver leur place dans des lieux d’attente, salles de relaxation des spas et des thalassothérapies. Ils aident à centrer notre attention et à nous incarner plus pleinement dans le présent, en étant absorbés dans leur contemplation, tout comme l’activité manuelle via de nombreuses pratiques dont les arts plastiques, le jardinage avec les mains dans la terre – parfait pour contre-balancer les pollutions des appareils électroniques. Et bien sûr le contact avec la nature au sens large).

Activités slow down

Le recentrage et la connaissance de soi, pour se reconnecter à soi et aux autres est un des grands bénéfices du Slow Living. À ce titre, le boom du yoga et de la méditation est sans précédent, surtout celle de la pleine conscience (Mindfulness, par Jon Kabat-Zinn, succès des livres de Christophe André, de ses conférences ou de celles de Matthieu Ricard, etc.). Il existe 700 applications dans le monde pour méditer !
En ville, quantité d’événements deviennent les nouveaux « happening » des Millennials (Elle Zen avec Weleda, The Big Quiet pour des rendez-vous de silence ensemble, Yoga World Tour par Lolë – au Grand Palais ou au Trocadéro à Paris). Au palmarès des « Best Workplaces », massages, cours de yoga, ateliers de méditations ont pleinement trouvé leur place. Et quel spa ou thalassothérapie ne les auraient pas encore intégrés ? De nouvelles offres et prises de positions s’implémentent en permanence, comme les nouveaux spas silencieux.

Détox slow down

Et bien sûr, l’incarnation de la « digital détox » a trouvé un terreau fertile dans les lieux de bien-être, qui offrent des réductions sur les séjours en déconnexion choisie (Lake Placid Lodge aux USA a été un des premiers en 2012).

LE SLOW DOWN EN SPA ET THALASSO

Pour autant, les offres de « Slow Vacation » sont peu visibles en resort spa et en thalassothérapie. Ce serait un concept porteur à développer. En effet, les témoignages de personnes trouvant leur emploi du temps trop chargé en cure de thalassothérapie sont fréquents. Comme s’il fallait recréer un agenda de bureau, un comble ! C’est encore plus vrai sur les mini-séjours (3 ou 4 jours). A-t-on peur que le client s’ennuie ? Veut-on lui faire découvrir le maximum de soins ? Il serait utile d’accepter de choisir, de renoncer à une consommation effrénée aussi sur ce plan là. Donc de repenser certaines offres pour que chacun puisse se créer de vrais temps de respiration, en choisissant d’être accompagné par un enseignant ou en restant tout simplement seul, libre de lire, faire la sieste, contempler, ne rien faire.

Le boom du yoga et de la méditation est sans précédent

En éduquant de manière pédagogique son client à écouter et à respecter ses rythmes biologiques. En lui enseignant les bénéfices de s’accorder des moments de « vide », synonymes de grande relâche pour mieux se redéployer dans sa vie.

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