Le secteur du bien-être en pleine effervescence

Xerfi-Precepta vient de publier une étude approfondie sous le titre : « Thalassothérapie, thermes, spas urbains et hôteliers : quels leviers de croissance et perspectives pour le jeu concurrentiel ? ».

Thermalisme et thalassothérapie, bien sûr, mais aussi hôtellerie, cosmétiques, coiffure, alimentaire ou encore voyages, notamment, le bien-être est partout.
Chaque année, quelque 2 milliards d’euros sont ainsi dépensés dans les services de « wellness » (une hausse de 2 % à 4 % par an), d’après les calculs des experts de Xerfi Precepta. Et la tendance devrait persister à la faveur de l’individualisme hédoniste individuel, cher à nos sociétés post-industrielles, mais aussi du vieillissement de la population.
La hausse du marché sera aussi portée par les sommes considérables apportées par les collectivités locales qui n’hésitent pas à financer les créations d’établissements ou leur extension, convaincues par les retombées touristiques et économiques de la « vague bien-être ». Dans un contexte d’augmentation plus marquée du pouvoir d’achat, les professionnels de la thalassothérapie tireront incontestablement parti d’ici 2020 des énormes investissements consentis et des dépenses prévues pour rénover leurs établissements sur les volets hébergement, thalasso ou bien-être.
La demande sera aussi stimulée par les nouvelles formules de soins proposées par les gestionnaires, surfant sur les tendances de consommation actuelles (cures « détox bio » ou « lactose et gluten free »), par l’utilisation de techniques innovantes (comme la cryothérapie) et par l’ouverture de nouveaux établissements (à Boulogne-sur-Mer, Étretat, Fécamp, Dunkerque, etc.). Dans ces conditions, le chiffre d’affaires des instituts de thalassothérapie (panel Xerfi) augmentera au rythme de 4 % par an d’ici 2020, selon les prévisions des experts de Xerfi.

COMMENT TIRER PROFIT DU MARCHÉ DU BIEN-ÊTRE ?

La bataille pour tirer profit de cet énorme marché du bien-être est donc engagée.
Les centres de thalassothérapie montent en gamme et jouent sur la dimension santé pour concurrencer les centres thermaux.
La balnéothérapie en ville se développe également à travers les spas urbains ou les centres de remise en forme par l’eau. Les stations thermales consentent, elles, des investissements colossaux dans les loisirs pour dépoussiérer leur offre et réduire leur dépendance à la Sécurité sociale, à l’image de la métamorphose du site de Brides-les-Bains.
Parmi la dizaine d’acteurs référencés, trois possèdent des centres thermoludiques indépendants de leurs établissements et trois ont aménagé de tels espaces au sein des thermes.
Les hôtels sont, pour leur part, de plus en plus nombreux à intégrer dans leur offre un spa et des services esthétiques ou de massage pour améliorer leur attractivité et susciter la préférence des consommateurs. À tel point que certains hôtels se sont transformés en véritables Wellness Resort, parfois en partenariat avec les grands noms de la cosmétique.
Sans oublier tous les acteurs gravitant autour de l’univers du bien-être et désireux de s’y renforcer pour améliorer leur offre comme les centres aquatiques, instituts de beauté, salons de coiffure ou salles de sport.
En réalité, une multitude d’acteurs cherchent à bénéficier d’un puissant levier commercial avec des produits ou services estampillés « bien-être ». Après les cosmétiques et l’alimentaire, le secteur des voyages est en effet à son tour gagné par la vague wellness. Air France a ainsi récemment inauguré à Roissy un salon business équipé de douches, saunas privatifs et cabines Clarins pour des soins entre deux vols.

DES FRONTIÈRES DE PLUS EN PLUS POREUSES

Face à un tel foisonnement, les frontières entre les acteurs et entre les segments de marché s’estompent et la concurrence s’intensifie. D’autant que dans le même temps, nombre d’intervenants recourent à des canaux de distribution à « prix remisés » pour faire le plein de clients. C’est le cas des coffrets-cadeaux type Smartbox ou Wonderbox, des plateformes de réservation spécialisées (comme Thalasseo ou Thalassoline) ou encore des plateformes plus généralistes (telles que Balinea ou Treatwell) mais aussi des sites de ventes privées et d’achats groupés.

CONCLUSION

Tous ces intermédiaires pèsent sur les stratégies commerciales des acteurs du bien-être et contribuent à faire baisser les prix. Dans ces conditions, les espaces de bien-être doivent plus que jamais se singulariser, en proposant une expérience client hors du commun ou en jouant la carte du médical. Dans le cas contraire, ils seront noyés dans une offre surabondante.