Par Galya ORTEGA, Spa Consultante.

Le bio a le vent en poupe aussi bien en alimentation qu’en cosmétique. Le public se tourne de plus en plus vers ces produits pour des raisons de sécurité et par choix de valeurs éthiques, authentiques, qualitatives. Effets de mode ou tendance profonde ?

DÉFINITION

Les produits cosmétiques concernent tout ce qui va être appliqué sur la peau (visage ou corps) : gels douche, laits, lotions, nettoyants, crèmes, masques, huiles, etc., ainsi que tous les produits capillaires, en vue de les nettoyer, de les préserver, de les protéger, ou de corriger les odeurs corporelles.
Les produits cosmétiques peuvent être conventionnels, naturels ou bio.
La cosmétique conventionnelle utilise des ingrédients issus de l’agriculture industrielle avec des traitements classiques de pesticides, des colorants, des conservateurs de synthèse. Ils sont ensuite traités lors de la fabrication avec des solvants, des colorants, des adjuvants issus parfois de la pétrochimie, testés sur des animaux, etc.
La cosmétique naturelle : il n’y a pas de législation claire à ce sujet . Néanmoins, cet axe utilise uniquement des ingrédients naturels, des plantes ou des extraits minéraux sans traitement industriel, sans pétrochimie. Il faut lire entre les lignes. Hélas, la mention « naturel » sur l’étiquette ne suffit pas. Mais il existe un label naturel par Cosmos Natural qui, lui, est exigeant et garantit le produit.
La cosmétique bio contient uniquement des produits biologiques sans traitement, pas d’OGM, de parabènes, de pétrochimie, de parfums de synthèse. Le bio implique la traçabilité comme garantie ainsi qu’une certification et un label.
Un produit est considéré bio lorsque 95 % de ses ingrédients sont biologiques, non traités. Les autres ingrédients peuvent être naturels (le pourcentage peut varier selon l’organisme de labellisation). Ceci implique une traçabilité exigeante depuis la culture des matières premières, le traitement, la formulation, la conservation, le packaging et le stockage.
Le bio existe en France depuis les années 20. À cette époque, il est centré principalement sur l’agriculture. Le courant arrivant d’autres pays d’Europe, ainsi que des USA, nous avons bénéficié d’une expérience antérieure. Les premiers labels et magasins ont permis de comprendre la structuration de cette appellation et de construire la suite du développement.
En ce qui concerne la cosmétique, la marque suisse Weleda, née en 1921, est labellisée bio et respecte même le cahier des charges de la biodynamique qui inclut, en plus, des critères de respect de rythmes et cycles terrestres, cosmiques de la nature.
Par la suite, les cosmétiques se sont développés avec plus ou moins de bonheur et de qualité (manque d’efficacité, odeurs peu agréables, textures rustiques et dates limites d’utilisation très courtes.) Ceci s’est considérablement amélioré depuis 5 ans.

TENDANCES GLOBALES

La conscience de la nécessité de protéger l’environnement s’affermit depuis les années 60 et devient cruciale depuis 20 ans. Stop à la pollution des terrains et de l’air, la déforestation et la gabegie de matières premières. Les scandales sanitaires et écologiques sont de plus en plus nombreux et inquiétants. Les progrès notables concernant le biologique et les traitements de la peau offrent de véritables alternatives aux usages traditionnels tant en agriculture qu’en cosmétique. La connaissance accrue du comportement des sols, de la planète et de la peau permet d’orienter ses choix de professionnels et de consommateurs.
Les consommateurs veulent très clairement des produits qui ont du sens et soient respectueux de la peau et de la santé. Les jeunes millénials en particulier sont intransigeants sur ce sujet.
De ce fait, se dessinent en cosmétiques des tendances qui sont de vrais courants de société :
– le naturel,
– le bio,
– le « fait maison ».

LABELS

Il ne peut exister de bio reconnu sans label car c’est la validation et la certitude que le produit est vraiment bio. Sans label, il n’y a aucune garantie que le produit soit biologique. Le mot bio peut être marqué sur l’étiquette ou le packaging, sans l’estampille du label cela peut être juste un effet de communication sans certitude et de nombreuses marques en alimentaire autant qu’en cosmétique utilisent ce terme sans que cela représente une quelconque caution.

Une norme n’est pas un label

Il suffit qu’un certain nombre de professionnels d’un secteur se réunissent, sous l’égide d’un organisme qui valide les normes, définissent un cahier des charges et votent pour créer cette norme qui sera ensuite proposée aux différentes marques. Ainsi, il existe actuellement des produits cosmétiques ayant le mot bio sur leurs emballages, qui n’ont pas le moindre ingrédient biologique dans leur formule. Les clients ne le savent pas sauf s’ils regardent l’INCI en détail.

Attention, une norme n’est pas un label

Un label bio

Pour obtenir un label, il est obligatoire d’avoir une certification par un organisme certificateur légal. À l’origine, chaque label avait son cahier des charges avec des pourcentages différents d’ingrédients biologiques. Les critères étaient trop variés pour être compréhensibles par le grand public.
Dans la continuité des labels alimentaires, ceux de la cosmétique se sont créés. Avant 2017, existaient entre autres : Ecocert Greenlife SAS, le BDIH (Allemagne), Cosmebio (France), Soil Association (Royaume-Uni), ICEA (Italie).Etko (Turquie), ACO (Australie), IONC (Allemagne), Control Union Korean (Corée), Bureau Veritas (France).
Il fallait créer un label homogène et accepté dans toute l’Europe. En 2017 est né Cosmos Organique, label européen unique intégrant tous les autres labels. C’est un grand pas en avant pour la lisibilité, la compréhension avec des critères exigeants pour les producteurs. Ce nouveau label est plus exigeant et il impose de nouveaux critères, les plus élevés jamais définis.
Il s’appuie sur la base antérieure des pays, et précise, outre les 95 % minimum d’ingrédients d’origine naturelle, et les 95 % d’ingrédients bio par rapport au total des actifs végétaux que moins de 10 ingrédients non naturels sont autorisés et listés (liste évolutive en fonction de l’avancée de la recherche scientifique de l’industrie cosmétique) et sont interdits : OGM, parabènes, phénoxyéthanol, nanoparticules, silicone, PEG, parfums et colorants de synthèse, ingrédients provenant d’animaux (sauf produits naturellement par eux : lait, miel…). Les emballages doivent être au maximum biodégradables ou recyclables. Ce label offre une meilleure compétitivité à l’international. À l’heure actuelle, il représente plus de 2000 marques distribuées dans plus 50 pays produisant plus de 45 000 cosmétiques.

Une certification

En fonction de l’organisme du label représenté, le cahier des charges peut être différent. La certification se fait sur dossier et sur test des produits. Un produit certifié le mentionne obligatoirement sur son packaging en précisant : le pourcentage d’origine naturelle et biologique, le certificateur ayant réalisé le contrôle et le cahier des charges utilisé. Cette étape est un outil de progrès pour la marque et valide la labellisation.

Je crée une marque de cosmétiques bio

FABRICATION

Tous les produits cosmétiques, conventionnels, naturels ou bio, sont fabriqués par des laboratoires. La marque décide de ce qu’elle souhaite développer : stratégie, type de produits, discours, promesse, etc., et naturellement bio, naturel ou classique. Ensuite, le formulateur va prendre le relais. Il est soit indépendant, soit intégré à la marque, soit rattaché à un laboratoire. Il est vital d’avoir recours à un laboratoire spécialisé dans le biologique. Cela requiert un vrai savoir-faire et une étanchéité au niveau du matériel afin que les produits ne soient pas contaminés par des résidus. Il faut acheter les ingrédients, concevoir les formules en respectant des associations qui auront un comportement différent en fonction des stabilisateurs ou des conservateurs intégrés.
Vient l’étape de tests, puis de validation, certification et labellisation, puis mise sur le marché pour commercialisation. Ce qu’il faut retenir, c’est que le processus est le même quel que soit le type de cosmétique, sauf qu’il est important de bien choisir son formulateur et son laboratoire car le bio est une spécialité qui requiert une vraie connaissance particulière.

DISTRIBUTION ET COMMERCIALISATION

La distribution d’un produit bio se fait selon 4 axes : les instituts de beauté et les spas, les parapharmacies, les sites Internet, les grandes surfaces, les parfumeries et les magasins bio. Mais attention, la commercialisation implique des règles légales :
Le Règlement Européen n°1223/2009 dit « Règlement Cosmétique » instaure de nouvelles mesures pour vous permettre de placer vos produits cosmétiques sur le marché européen.
Vous devez :
– désigner une personne responsable qui sera votre interlocuteur en cas de contrôle,
– vous assurer de la composition du produit,
– réaliser le dossier d’information produit (DIP),
– créer des étiquettes conformes,
– notifier sur le portail CPNP avant la mise sur le marché.
Dès que le produit a reçu l’autorisation, la commercialisation peut commencer.

Quelques exemples inspirants

Les marques bio se développent à présent partout. Quelques marques présentées ici, et choisies pour leurs qualité et différences de concepts, vous inspireront :

Altearah Bio
Il s’agit de l’Aroma Cosmétique Couleur, source de bien-être et de beauté. Des composés exclusifs d’huiles essentielles sont associés à des couleurs et à des parfums. La synergie des deux éléments détermine une émotion qui sera le vecteur d’harmonisation. Exemple : rouge vitalité pour retrouver dynamisme et vitalité Effet « Coup de Fouet » ou bien vert fraicheur pour retrouver fraîcheur et liberté Un nouveau souffle.

Biovive
Voici la cosmétique bio et vegan nouvelle génération, aux formules phyto-actives, 99 à 100 % d’origine naturelle aux parfums 100 % naturels et origine France. Les produits sont formulés avec le complexe breveté des trois bourgeons d’arbres fruitiers (pêcher, figuier, cerisier), des huiles végétales actives (cameline, olive, tournesol et chanvre), et des eaux végétales actives (citron, orge et onagre) pour des résultats prouvés dès 3 jours.

Dr. Hauschka
De la nature pour l’être humain. Précurseur de la cosmétique bio, Dr Hauschka s’inscrit dans la lignée et les exigences de l’agriculture biodynamique préconisée par l’anthroposophie. La marque existe depuis 1967 et s’inscrit dans une philosophie globale qui fait confiance aux forces internes de l’organisme et à la sagesse de la peau, et l’aide à renforcer ses propres capacités : l’auto-correction de la peau.

Nohem
Éthique et engagée, c’est une marque bio et éco-responsable. Fondée sur le principe de favoriser les collectifs de femmes des pays du sud (Afrique), Nohem propose des produits illustrant les grandes traditions du bien-être : le Japon, le Grand Nord et l’Afrique.